Sport renforce immunité

Pratiquer une activité physique modérée et régulière booste le système immunitaire, stimule la libération de certaines cellules de l’immunité et peut ralentir le « vieillissement » des globules blancs (immunosénescence). Une bonne nouvelle en cette période de crise sanitaire. Explications.

Vingt minutes ou plus d’exercices en aérobie cinq jours par semaine, c’est la dose minimale suggérée pour avoir un système immunitaire en pleine forme. Pour Valérie Bougault, enseignantechercheuse à l’Université Côte d’Azur, « cela permet de diminuer d’environ 40% le nombre de jours d’infection respiratoire chez les personnes actives comparé à des sédentaires. En revanche, si vous passez à moins d’un jour par semaine, vous serez plus sujet à ce type d’infections des voies respiratoires. » En résumé, moins vous en faites plus vous êtes à risque. Plus vous en faites et moins vous avez d’infections. « Toutefois, faites attention aux effets inverses d’un entraînement trop intensif que l’on retrouve uniquement chez certaines personnes pratiquant des sports d’endurance après une charge d’entraînement trop/très élevée, prévient la spécialiste. C’est grâce à la pratique d’une activité physique modérée et régulière que vous renforcerez votre immunité. En améliorant notamment le système antioxydant et antiinflammatoire, votre organisme se défend mieux contre les infections. »

L'immunité acquise ou innée ? 

Rappelons que le système immunitaire rassemble l’ensemble des mécanismes de défense de l’organisme. Il existe deux types de défense immunitaire : La première, l’immunité innée, intervient en première ligne et agit en ne tenant pas compte de ce qu’elle combat. Elle s’oppose aux agents infectieux par l’intermédiaire d’une barrière physique (muqueuse des bronches, par exemple), de l’action des cellules et médiateurs inflammatoires monocytes/macrophages, polynucléaires neutrophiles, certains lymphocytes dits « natural killers » et du complément), qui s’effectue grâce à la libération de nombreux messagers chimiques aux rôles divers et variés (cytokines). Regroupées en partie sous forme de phagocyte, les cellules de l’immunité ingèrent et détruisent les molécules étrangères. C’est ce que l’on appelle la phagocytose. La seconde, l’immunité acquise ou adaptative, intervient après une phase de reconnaissance de l’antigène. Les lymphocytes en sont les principales cellules et sont capables de produire des anticorps spécifiques aux agents infectieux en présence. Douées d’une mémoire, ces cellules réagiront plus rapidement en cas de réinfection. Le système immunitaire s’autorégule en permanence par différents mécanismes et, une fois l’infection terminée et l’agent infectieux éliminé, il revient à son état de veille initial de luimême, en temps normal. Ainsi, dès qu’il s’active pour faire face à une agression extérieure ou interne, il s’accompagne d’une boucle régulatrice qui va lui permettre de programmer l’arrêt de sa stimulation.

L'impact de l'activité physique sur le système immunitaire

Au fil des séances d’entraînement, « nous allons développer, stimuler la production naturelle d’antioxydants et d’antiinflammatoires, explique Valérie Bougault. Par exemple, de manière non-spécifique, à l’effort, nous allons produire beaucoup d’interleukine 6 (IL-6) au niveau musculaire et systémique, qui est entre autres et de manière indirecte, anti-inflammatoire. » D’où l’importance de savoir bien dissocier les productions de cellules de manière aiguë, donc après un exercice, de la chronicité de leur production, qui se traduit souvent par des pathologies chroniques, liées à un « dysfonctionnement du système inflammatoire », favorisé par la sédentarité. « À long terme, ajoute Valérie, grâce une activité physique régulière, on observe une diminution des cellules circulantes inflammatoires (notamment les IL-6, pour notre exemple). Cela se traduit par une amélioration de l’état inflammatoire de repos chez de nombreuses personnes atteintes de pathologies chroniques. » On comprend mieux pourquoi l’activité physique, grâce au rétablissement de l’équilibre oxydants/antioxydants et inflammation/antiinflammation, aide à lutter contre cette inflammation permanente de certaines pathologies.

L'éfficacité du systeme immunitaire

« Avec une activité physique régulière, on peut également augmenter l’efficacité des cellules immunitaires, précise cette chercheuse spécialisée dans le domaine de la santé respiratoire du sportif et membre de groupes d’experts, notamment celui sur la santé respiratoire de l’athlète mandaté par le CIO. La capacité des lymphocytes à proliférer peut s’en trouver également accrue. Chez les personnes âgées, il a été noté également que les leucocytes (globules blancs) possèdent une plus grande longueur de télomères. En résumé, plus nos télomères sont courts, moins il nous reste du temps à vivre. » Les télomères, extrémités de nos chromosomes, s’usent inévitablement. La cellule arrête alors de se diviser et de fonctionner normalement. C’est ce que l’on appelle la « sénescence » cellulaire, et dont l’accumulation contribue au vieillissement de l’organisme ainsi qu’à l’immunosénescence. C’est à-dire la perte de l’efficacité du système immunitaire innée et/ou acquise. Ainsi, comme le précise Valérie, « chez les personnes âgées l’activité physique est primordiale pour éviter cette dégradation naturelle du système immunitaire avec l’âge. Elle permet de le maintenir un peu plus longtemps. Plus on pratique une activité physique tout au long de sa vie, et cela dès le plus jeune âge, plus l’arrivée de cette immunosénescence va être repoussée. L’activité physique régulière et suffisante est le garant d’un système immunitaire jeune. »

L'activité physique le meileur booster immunitaire

Qu’on se le dise, encore et encore, l’activité physique est la meilleure thérapie non médicamenteuse. Certes, elle renforce l’immunité en stimulant certaines cellules, mais pas seulement. Comme vous le savez, elle joue également un rôle essentiel contre les effets de l’âge, de l’obésité, de l’hypertension artérielle, d’un état dépressif ou d’un moral en berne, de l’isolement, du sommeil, de l’alimentation, de l’anxiété, du stress, de la fatigue… Ces états sont autant de facteurs qui entrent en ligne de compte dans la baisse des défenses immunitaires. Même si l’activité physique ne protège pas des maladies, elle aide l’organisme à réagir plus vite. Un système immunitaire réactif est moins vulnérable aux attaques pathogènes. C’est pourquoi le système immunitaire d’une personne pratiquant une activité physique régulière tout au long de sa vie réagit plus vite et est plus performant pour neutraliser la prolifération de microbes que celui d’un individu sédentaire.

Trouvez le bon dosage

Si 20 minutes et plus d’exercice en aérobie sont nécessaires 5 fois par semaine, il convient de ne pas pousser trop la machine. Les entraînements trop intensifs et trop longs ont un effet inverse. Pour Valérie Bougault, « c’est après des épreuves qui durent plus d’1 heure, 1h15-1h30 au moins qu’on peut observer un risque accru d’infections, notamment respiratoires, mais également du système digestif. C’est en fait la capacité des cellules à lutter contre qui est réduite pendant un certain temps, quelques heures à plusieurs jours. » À vous de trouver la bonne charge d’entraînement (intensité, durée et la perception à l’effort) pour renforcer votre système immunitaire. Soyez progressif dans l’effort. N’augmentez pas de plus de 10% par semaine votre charge de travail. Soyez attentif au sommeil, à votre alimentation et diminuez votre stress quotidien… Ça tombe bien, l’activité physique régulièrement pratiquée joue également sur ces paramètres.

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