Alzheimer, Parkinson : l'activité physique aussi

Elle est bonne pour le corps... Mais elle entretient aussi notre cerveau. Et si l’activité physique profitait aux pratiquants victimes de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson ? Nous faisons le point sur le sujet.

Les maladies de Parkinson et d’Alzheimer sont deux maladies neurodégénératives. La première, décrite par James Parkinson en 1817, se caractérise par la destruction lente et progressive des neurones à dopamine. Ces derniers sont impliqués dans le contrôle du mouvement. La seconde, découverte par Aloïs Alzheimer en 1906, affecte principalement la mémoire, le langage, le raisonnement ou encore l’attention. Induite par le vieillissement ou par l’action de maladies dégénératives vasculaires, la maladie d’Alzheimer altère un certain nombre de fonctions cognitives. Lentement évolutives, ces deux maladies réduisent peu à peu l’autonomie de la personne, l’activité professionnelle, les liens sociaux et conduisent vers la dépendance, dont l’hospitalisation. Pour ces deux affections, le pronostic est donc toujours sévère, à plus ou moins long terme. Si de nouvelles découvertes laissent espérer une réelle révolution thérapeutique, les bienfaits de l’activité physique sur le cerveau ne sont pas à négliger

L'activité physique c'est bon pour le cerveau

Comme le montrent de nombreuses études scientifiques, l’activité physique permet de ralentir les effets du vieillissement et d’exercer un effet protecteur sur les maladies neurodégénératives. Lorsque nous faisons de l’exercice physique, notre cerveau est oxygéné. Qui dit une meilleure oxygénation des neurones, dit une diminution de leur dégénérescence et une amélioration de la microcirculation sanguine responsable pour partie de la réduction de la taille du cerveau. Les personnes physiquement actives ont une matière grise plus développée que les sédentaires, réduisant ainsi le risque d’être affectées par la maladie d’Alzheimer.

Plus on se bouge durant la vieillesse, moins on présente de lésions cérébrales, notamment au niveau de la structure de la substance blanche, une catégorie de tissu du système nerveux central. Les activités physiques d’endurance (marche, course à pied, vélo, natation, etc.) freineraient le vieillissement cellulaire. En stimulant la télomérase, une enzyme connue pour son implication dans la sénescence, elle réduirait le raccourcissement des télomères. Ces derniers, au fur et à mesure des divisions cellulaires au cours de la vie, s’érodent. Ne pouvant plus jouer leur rôle, la cellule ne se multiplie plus et meurt.

Enfin, plus récemment, des chercheurs ont découvert que, l’irisine –une hormone et protéine sécrétée pendant l’exercice physique- aide à renforcer la mémoire à court terme. En agissant ainsi directement sur le cerveau, l’activité physique régulière ralentit l’apparition des maladies neurodégénératives, retarde a dépendance et améliore la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes.

Renforcer les 4 pilliers de l'autonomie

« Que nous ayons 20, 40 ou 60 ans, les recommandations de l’OMS sont de 150 minutes d’activité d’endurance à intensité modérée ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance à intensité soutenue, ou une combinaison équivalente d’activité à intensité modérée et soutenue. Comme le précise John Picard, Conseiller Technique National à la FFEPGV et responsable du groupe expert « Senior », il est primordial de travailler les quatre piliers de l’autonomie. « L’endurance, le renforcement musculaire, la souplesse, l’équilibre sont les quatre composants du maintien de l’autonomie, que l’on doit perfectionner à tout âge. Pour le senior et le grand âge, il convient d’y ajouter un cinquième élément : la mémorisation. Notre programme Gymmémoire® allie oxygénation et travail des mécanismes de mémorisation au travers de situations pédagogiques diverses et variées. Il s’adresse aux personnes avançant en âge sans problématique liée à la maladie d’Alzheimer. Toutefois, nous pouvons l’adapter et utiliser certains contenus pour ceux qui sont touchés.»

Tout en mettant le corps en action au travers de divers ateliers ludiques, le concept Gymmemoire® cherche à conserver les capacités mnésiques en réentraînant les différents mécanismes de mémorisation. « Nous agissons sur les mécanismes de codification (par association, indexation...), de stockage et de restitution de l’information sans oublier le rappel, élément indispensable pour ancrer un souvenir, un événement dans notre mémoire, poursuit John Picard. Au fur et à mesure des séances, avec le renforcement de l’attention et de la vigilance, la mémorisation s’en trouve améliorée. Avec la maladie d’Alzheimer, l’encodage de l’information n’est plus possible, mais il est toujours envisageable d’entretenir les mémoires procédurale (celle des automatismes), sémantique (celle des souvenirs anciens) et la mémoire perceptive (celle de nos 5 sens) ».

Il en va de même pour la maladie de Parkinson. « Nous savons qu’à un moment donné, le parkinsonien va être confronté à un problème d’équilibre, précise le CTN. Nous allons donc plutôt l’inciter à rester dans un travail d’équilibre dynamique (parcours), et de déplacement (marche). Marcher lui permet de maintenir et d’entretenir son système cardiovasculaire mais surtout son équilibre. Avec la rigidité musculaire qui s’installe, c’est à nous de trouver les bons exercices pour améliorer sa souplesse articulaire avec des techniques douces comme le stretching, la relaxation, le tai chi... »

Prévenir dès le plus jeune âge

Avec une alimentation saine et équilibrée, l’éducation ou le fait de rester socialement actif, l’activité physique se veut l’une des possibilités pour prévenir le risque de déclin cognitif, à condition de pratiquer dès le plus jeune âge. C’est lors de notre enfance jusqu’à 20-25 ans que nous développons nos capacités physiques et que nous nous construisons un capital santé. Ne l’oublions pas, en améliorant les marqueurs cardio-vasculaires et métaboliques, on prévient les éventuels problèmes de surpoids, de diabète et autres maladies pouvant survenir plus tard comme Alzheimer et Parkinson. L’activité physique a un impact au niveau épigénétique, c’est-à-dire sur l’expression de nos gènes. Ainsi, plus on pratique une activité physique, plus on a un capital santé fort et moins vite apparaît la dépendance. « La courbe monte jusqu’à 20-25 ans, explique John Picard. Puis, elle redescend progressivement et inéluctablement avec le vieillissement normal. En bas, se trouve une ligne qui est le seuil de dépendance. En fonction de son parcours de vie (sédentaire, maladie, accidenté, veuvage, isolement, etc.) cette courbe varie d’un individu à un autre. Si on la franchit, que l’on se trouve en deçà, on tombe dans l’aide d’une tierce personne pour exécuter les gestes de la vie quotidienne. » Heureusement, en pratiquant une activité physique régulière tout au long de sa vie, nous pouvons éviter qu’elle ne descende et peut-être même l’amener à progresser.

Article écrit par Clarisse Nénard, pour le magazine Côté Club #43.

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